CHAPITRE XIII
Escorté de l’inspecteur Barrow, Holman se rendait à l’hôpital Middlesex pour récupérer Casey. Le ministre de l’Intérieur attachait désormais grand prix à sa personne : la seule à s’être remise des effets du mystérieux brouillard. Il devrait subir des examens, son électro-encéphalogramme serait étudié afin de déterminer les raisons de sa guérison – et de voir s’il était immunisé. Casey était nécessaire aussi, comme sujet contaminé le plus proche. Des corps arriveraient de Bournemouth par hélicoptère : l’autopsie tenterait de déterminer la nature exacte des dommages infligés à leur cerveau. D’autres sujets, vivants mais atteints de démence, seraient sélectionnés et amenés à Londres pour des examens ultérieurs. Mais à ce moment précis, John Holman et Casey Simmons étaient les deux personnes les plus importantes de toute l’Angleterre.
De l’hôpital, une ambulance les emmena au ministère de la Santé. Casey était sous sédatifs, Holman s’assit à côté d’elle et lui tint la main. Il regarda sa montre : neuf heures quarante cinq. Il se sentait si las qu’il aurait plutôt pensé midi. Les gens se hâtaient encore vers leur travail, leur journée commençait à peine, et leur apporterait la nouvelle de la tragédie de Bournemouth. Serait-ce la panique ? Le public avait certes le droit d’obtenir des réponses aux questions qu’il se posait. Qui accuserait-il ? Le gouvernement ? Les Russes, les Chinois ? Ou d’autres pays, pour changer ? Avaient-ils encore des pays amis ? Même l’Amérique leur devenait hostile.
Quelle excuse le gouvernement invoquerait-il ? La pollution ? Jouait-elle un rôle dans cette histoire ? De par son travail, il avait trouvé assez de preuves des méfaits qu’elle pouvait causer, sans qu’ils atteignent jamais cette ampleur, bien entendu. Et le public n’était plus aussi naïf. Les médias lui avaient ouvert l’esprit, l’avaient plus ou moins sensibilisé à des faits qui seraient passés complètement inaperçus il y a quelques années. Ils allaient soupçonner la présence d’un corps chimique, d’un gaz empoisonné malencontreusement échappé de quelque laboratoire scientifique ; et s’ils n’y pensaient pas, les médias les y feraient penser, c’était certain.
Si le contexte n’avait pas été aussi catastrophique, il se serait bien amusé à observer le jeu des officiels qui tentaient de dégager leur responsabilité. Et il restait toujours un doute. Le phénomène était-il d’origine humaine ou relevait-il d’un caprice de la nature ? La plus légère hésitation le retiendrait d’aller jeter le blâme sur le ministère de la Défense. Mais s’il trouvait une preuve concrète...
Une explosion étouffée le tira de ses réflexions. L’ambulance s’arrêta. Ouvrant le hayon, il constata que toute la circulation s’était immobilisée. Barrow était descendu de la voiture de police qui les escortait.
— Regardez, s’écria-t-il, regardez là-bas !
Une énorme boule de fumée et de flammes s’élevait de l’ouest de la ville. Le nuage noir et rouge s’étirait dans le ciel bleu.
— Qu’est-ce que cela peut être ? s’interrogea Holman comme tous les autres conducteurs qui scrutaient l’horizon.
— Je ne peux rien affirmer, dit Barrow, mais cela provient du quartier de Tottenham Court Road. Ce pourrait être juste en face de la tour des Postes et Télécommunications. A moins que...
Il laissa sa phrase en suspens. Holman lui jeta un regard aigu. D’autres explosions étouffées partirent du même endroit. On voyait les flammes s’élancer dans le ciel.
— Cela gagne du terrain, dit calmement Holman.
— Quoi donc ? Non ! Nous n’avons pas eu de brouillard ici, répliqua Barrow. Cela n’a aucun rapport, aucun !
— Je voudrais pouvoir en être sûr.
Plusieurs groupes s’étaient assemblés et discutaient avec véhémence en désignant le ciel obscurci. Barrow s’approcha de l’un d’eux, posa quelques questions, puis revint vers Holman.
— J’ai votre réponse, annonça-t-il. Ces gens disaient avoir vu un Jumbo jet survoler Londres. L’avion volait si bas qu’ils ont compris qu’il était en difficulté. Puis il a plongé. Ils pensent qu’il a heurté la tour, certains l’affirment même.
Holman secoua la tête, atterré.
— Je n’arrive pas à le croire. C’est incroyable. L’école, Bournemouth... et maintenant ceci.
— Mais non, je vous l’ai dit, cela n’a sans doute rien à voir avec le brouillard !
— J’aimerais pouvoir le croire, Barrow, vraiment.
Malgré le beau soleil, un frisson le traversa.
La recherche médicale avait ses locaux dans le vaste sous-sol de l’immeuble Alexander Flemming. Même en tant que fonctionnaire, il ne connaissait pas son existence. Ils furent reçus par le médecin-chef, un personnage corpulent et jovial qui leur expliqua :
— Je vais descendre avec vous et vous confier au docteur Janet Halstead, directrice de la Recherche. Son service n’a rien à voir avec nous, mais il occupe cette partie de l’immeuble pour de bonnes raisons. Les différentes sections de la recherche sont disséminées un peu partout, à Londres principalement, mais aussi jusqu’en Ecosse. Quand une réunion générale est nécessaire à leurs travaux – ce qui s’est présenté maintes fois par le passé, je peux vous l’assurer –, elle se tient ici. Inutile de vous dire, n’est-ce pas, que vous êtes tenus par le secret professionnel de garder ceci pour vous.
Il rit à la gravité de leur expression.
— Comprenez-moi bien, ce n’est pas un secret d’Etat, mais nous préférons que cela ne devienne pas de notoriété publique.
Ils prirent l’ascenseur. Casey avait été introduite par une entrée plus discrète sur l’arrière du bâtiment.
Une dame d’âge mûr vêtue de blanc, plutôt replète, les accueillit à la sortie de l’ascenseur. Elle s’avança pour serrer la main de Holman sans attendre la formalité des présentations.
— Vous devez être monsieur Holman, sourit-elle. Je vous connais par le dossier que m’a fait parvenir votre service. Votre photo ne vous rend pas justice.
Complètement désarmé, Holman ne sut qu’esquisser un faible sourire.
— Je vous présente madame Janet Halstead, dit le médecin-chef. Puis-je vous laisser à présent, Jan ?
Elle acquiesça et pria Holman et Barrow de la suivre. Ainsi, cette personne était la directrice de la recherche au ministère de la Santé ? Holman ne put réprimer un sourire. Elle était charmante, certes, mais en quoi se distinguait-elle de la ménagère moyenne ? La journée allait se charger de le détromper.
— Je pense que sir Geoffrey vous a expliqué pourquoi nous vous avons amené ici. Nous désirons vous faire examiner par nombre de personnes, et il est plus commode de les convoquer ici plutôt que de vous promener dans tout le pays. Je ne sais pas si vous l’avez entendu, l’état d’urgence a été proclamé. Nous devons trouver des réponses vite, très vite.
Elle les emmena dans un bureau où elle les fit asseoir.
— Première chose, avez-vous mangé quelque chose ce matin ?
Elle sourit de les voir secouer la tête avec ensemble.
— Bon, nous allons arranger cela. A moitié seulement pour vous monsieur Holman, je le crains. Certains examens n’autorisent pas de vrais repas. Tout de même, vous allez avoir de quoi vous soutenir. Nous ne tenons pas à ce que vous trépassiez entre nos mains, vous l’imaginez !
Holman commença enfin à se détendre. La fatigue et le confort de son fauteuil, auxquels s’ajoutait la cordialité de la dame, agissaient sur lui comme un tranquillisant.
— Pendant que vous vous restaurerez, vous me raconterez tout ce qui vous est arrivé – en essayant s’il vous plaît de ne rien omettre. Le plus petit détail peut se révéler d’une importance extrême.
Décrochant un téléphone, elle donna ses instructions pour les deux petits déjeuners. Holman lança un coup d’œil à Barrow qui paraissait mal à l’aise dans son rôle passif.
— Au fait, appelez-moi Jan, pria-t-elle en raccrochant. Comme je vous le disais, la journée sera extrêmement chargée. Nous avons toutes facilités ici et disposons des meilleurs cerveaux en matière médicale. Certains sont sur place, d’autres nous rejoignent. Je vous l’affirme, nous n’avons pas perdu de temps depuis deux heures.
Laissez-moi vous dire rapidement qui vous examinera. Je ne vous donnerai pas la liste exhaustive des noms parce que j’en ai oublié la moitié, mais ils appartiennent pour la plupart aux unités de recherche suivantes : troubles cellulaires, maladies infectieuses et immunitaires, psychiatrie et troubles nerveux, parasitologie biochimique, études neurobiologiques, métabolisme du cerveau, mutation cellulaire, génétique moléculaire, immunochimie et immunologie cellulaire, pharmacologie moléculaire, prothèses neurologiques et neuropsychie. — Elle sourit à Holman. — J’en oublie deux : radiations environnementales ainsi que Protection chimique et recherche microbiologique, dont le ministre de la Défense nous envoie quelques chercheurs, je crois.
Comme Holman, abasourdi, restait coi, elle s’empressa de le rassurer :
— Parmi toutes ces catégories, un certain nombre n’aura pas à intervenir, vous pensez bien. Simplement, nous les gardons sous la main en cas de nécessité, précisa-t-elle avec son sourire désarmant.
Holman resta silencieux un instant, la mine préoccupée.
— Deux noms me restent présents à l’esprit, dit-il finalement. Je pense que vous avez cherché à les dissimuler parmi les autres.
Son interlocutrice sourit de nouveau.
— Lesquels ? demanda-t-elle.
— Radiations environnementales bien évidemment, et aussi Mutation cellulaire.
Elle l’enveloppa d’un regard pénétrant et avoua sans aucune condescendance :
— Vous êtes vraiment très perspicace, monsieur Holman – puis-je vous appeler John ?
Il fit signe que oui.
— En effet, j’ai évité de mettre ces noms en avant, je ne voulais pas vous alarmer. En plusieurs secteurs, je vous le disais, notre investigation représentera une perte de temps – par exemple en mutation cellulaire, à mon sens. Mais nous cherchons une certitude, comprenez-vous ; nous ne pouvons rien laisser au hasard. Quant aux radiations, c’est assez évident à notre époque, vous ne croyez pas ?
— Mais que vous apprendront ces examens, au juste ? Parce qu’enfin... je suis guéri, non ?
— Avant tout, nous cherchons à nous informer, John. Je me suis entretenue au téléphone avec les médecins qui vous ont traité à Salisbury. Ils m’ont fort obligeamment décrit vos symptômes, mais de manière nettement insuffisante, j’en ai peur. Par ces examens, nous déterminerons jusqu’à quel point votre cerveau a été lésé – s’il s’agit de votre cerveau. Je pense que vous êtes guéri, sans aucun doute, mais nous pourrons encore trouver des signes atténués de ce qui a causé votre maladie. Selon le principe qu’un coup laisse un bleu, qu’une coupure laisse une cicatrice.
— Mais cela ne nécessitera pas d’acte chirurgical ?
— Oh ! non, pas dans votre cas, rit-elle, puis, reprenant son sérieux : Nous avons beaucoup de corps à examiner de cette façon, mais ceux-là sont morts.
— Et que va-t-il se passer pour Casey ?
— Miss Simmons ? Nous allons essayer de la guérir.
La porte s’ouvrit sur le chariot du petit déjeuner. Janet Halstead mit en marche un magnétophone.
— Maintenant, John, prenez le temps de nous raconter tout ce que vous savez de ce mystérieux brouillard. Commencez par le commencement et tâchez de ne rien oublier.
Pour Holman, la journée passa comme un éclair. Il fut sondé, analysé, examiné, interrogé. Il subit un électrocardiogramme, passa entièrement aux rayons X ; on injecta dans son système artério-cérébral une substance radio-opaque qui mette en évidence toute déformation afin de dépister une lésion préalable ; les régions frontales et occipitales de son crâne furent hérissées d’électrodes pour rechercher une tumeur ; une petite quantité de liquide cérébro-spinal fut prélevée par introduction d’une aiguille dans l’espace subarachnoidal situé à l’extrémité de la moelle épinière, et analysée. Tous ces examens et bien d’autres, qui furent également pratiqués sur Casey, le menèrent en fin d’après-midi ; alors, on lui permit enfin de s’abandonner à un sommeil bien mérité.
Lorsqu’il s’éveilla, plusieurs heures avaient passé. Il trouva Barrow effondré sur une chaise à son chevet, et émettant de légers ronflements. Comme il s’asseyait, le policier s’étira, et coula aussitôt un regard anxieux vers le lit. Il sourit, se frotta les yeux.
— Vous aviez votre compte, Holman.
— Vous n’étiez pas mal non plus.
— Non, mais j’ai le sommeil léger.
Il considéra Holman d’un air piteux.
— Ecoutez, que diriez-vous d’une trêve ? Je sais que j’ai été assez désagréable avec vous, mais toute cette histoire était invraisemblable, non ?
— Si.
— Eh bien je m’excuse.
— D’accord, n’en parlons plus. A vrai dire, je suis surpris que vous soyez encore dans les parages.
— Service spécial, mon vieux. Je suis votre garde du corps. Vous êtes une personne importante, vous savez ? Il y en a un autre dehors.
Holman se redressa, la mine incrédule.
— Craindrait-on qu’on m’assassine – ou que je m’enfuie ?
Barrow se troubla légèrement.
— Pour être franc, soupira-t-il, ils jouent la sécurité. Vous savez l’effet qu’a le gaz sur les autres ; nous n’avons pas la certitude formelle que vous êtes guéri, vous comprenez ?
— C’est bon, j’ai saisi, se résigna Holman. Racontez-moi ce qui s’est passé pendant que je dormais.
— Pas mal de choses. Il y a deux heures, un conflit a opposé médecins et chercheurs. Je n’en connais pas le motif, je sais seulement qu’il s’agissait de ces gens de Porton Down, les scientifiques de la recherche microbiologique. Après s’être montrés évasifs, ils ont carrément refusé de répondre aux questions qu’on leur posait avant d’avoir vu leur ministre.
— Tout semble indiquer la même direction, non ?
— En effet. Ils sont partis il y a environ une heure pour le ministère de la Défense, en laissant les autres furieux. La séance de travail a continué. Personne ne semblait très content.
— Comment va Casey ?
— Je ne sais pas ; il faut voir la responsable. Elle désirait être informée de votre réveil.
Il alla jusqu’à la porte et demanda au policier de faction de trouver Janet Halstead.
— Que s’est-il passé avec le brouillard ? questionna ensuite Holman.
— Ils l’ont trouvé, vous le savez. Par bonheur, le vent s’est calmé, et il dérive très lentement. C’est un spectacle incroyable, paraît-il, que cette masse large d’un mile et haute d’autant.
— Il a augmenté de volume, observa Holman contrarié. La dernière fois que je l’ai vu, il en faisait la moitié.
— Oui, ils savent qu’il a augmenté de volume. Et il devient plus dense aussi, d’une vilaine couleur jaune. Ils l’ont aspergé toute la journée pour tenter de le disperser, je ne sais pas s’ils y sont parvenus. Winchester a été évacuée par mesure de sécurité, et la météo nationale surveille de très près les changements de direction du vent.
— Comment le public a-t-il réagi ?
— Comme on pouvait s’y attendre. Panique, terreur, accusations. La presse s’en est donné à cœur joie.
— Quelles raisons a-t-on invoquée ?
— Aucune raison officielle pour l’instant. On parle d’une enquête à grande échelle, c’est tout. Le premier ministre fera une déclaration tard dans la soirée. On a laissé entendre qu’un gaz empoisonné a dérivé de la mer et causé la catastrophe de Bournemouth.
— Et les gens s’y laisseraient prendre ? Et le tremblement de terre ?
— Aucun rapport. C’est la réponse officielle.
— Et l’école ? Que dit-on de l’école ?
— La nouvelle n’a pas transpiré.
— Mais enfin, on ne peut pas escamoter un fait de cette importance ! Qu’en pensent les parents ?
— Tout ce qu’ils savent, c’est que leurs enfants ont trouvé la mort dans un incendie accidentel. Au regard des trois catastrophes majeures où s’est jouée la vie de milliers de gens, l’incident de l’école est passé facilement inaperçu.
— Trois catastrophes, dites-vous ?
— Le séisme, Bournemouth et ce matin, ce 747 qui a percuté la tour des Télécom.
— Combien de tués ?
— On ne sait pas exactement. Au moins un millier, estime-t-on. Le Jumbo jet contenait deux cent quatre-vingt-six passagers ; et Dieu sait combien de personnes se trouvaient dans la tour et les bureaux environnants.
Un silence accablant emplit la petite chambre semblable à celle d’un hôpital. Les deux hommes tentaient d’appréhender l’ampleur de ces tragiques événements. Cela dépassait l’entendement, atteignait presque à l’irréel. Et c’était l’irréalité de la situation qui leur permettait de l’assumer.
Ce fut Holman qui rompit le silence.
— Est-ce que le public sait, pour le brouillard ?
— Oui. Difficile de garder le secret, vu la dimension de la chose – un mile de côté sur un mile de haut. Il fallait informer les gens de toute façon, si on voulait évacuer le secteur.
— Et comment ont-ils réagi ?
— Par l’hystérie collec...
La porte s’ouvrit sur Janet Halstead, dont le sourire accusait la fatigue après cette journée.
— Alors, John, comment vous sentez-vous ? s’écria-t-elle.
— Très bien. Donnez-moi des nouvelles de Casey.
— Son état se détériore, John, je ne veux pas vous le cacher. Nous avons eu assez de faux-fuyants pour aujourd’hui. — Elle s’assit sur le bord du lit. — Mais il reste une chance.
Il leva sur elle un regard plein d’espoir.
— Nous sommes pratiquement certains d’avoir compris ce qui se passe. Les meilleurs esprits du pays se penchent sur le problème ; les autopsies ont répondu aux questions que nous nous posions. Mais il nous faut connaître la cause, John. Impossible d’avoir une certitude sans connaître la cause. J’y faisais allusion à l’instant en parlant de faux-fuyants.
— Pouvez-vous vous expliquer ?
— Voici. Les membres de notre Conseil ont tous le sentiment que les chercheurs en chimie et microbiologie du ministère de la Défense nous dissimulent une information. Dans les tests qu’ils pratiquent, comprenez-vous, tout se passe comme s’ils savaient exactement ce qu’ils recherchent ; comme s’ils ne cherchaient pas une réponse, mais la confirmation à une réponse qu’ils possèdent déjà. C’est devenu évident à mesure que leur travail progressait, sans hésitation ni erreurs : ils savent exactement ce qu’ils font. Nous les avons laissés terminer avant de réclamer une explication. Ils sont restés muets et ont exigé de voir leur ministre, lui seul ayant pouvoir de les autoriser à révéler leur découverte.
— Les salauds, ils se couvrent ! fulmina Holman qui sauta du lit. Barrow, obtenez-moi sir Trevor Chambers. Il aura quelques renseignements à nous donner. S’il n’en a pas, je fais un scandale !
— Je vais le joindre, Holman, mais vous ne pouvez rien fer à titre personnel. Ils vous boucleraient.
— Appelez-le toujours, nous verrons !
— D’accord, d’accord, mais on reste calme, hein ?
— C’est vrai, John, renchérit Janet Halstead, on ne gagne rien à s’énerver, cela n’aidera personne. Premièrement, il faut que vous vous sustentiez. Je pense que nous possédons sur votre personne toutes les données qui nous manquaient ; nous attendons encore certains résultats, mais ils ne feront très probablement que confirmer ce que nous subodorons. Laissez-moi donc vous commander un repas pendant que l’inspecteur Barrow se met en rapport avec sir Trevor. Ensuite, je vous mettrai au courant de nos découvertes de la journée.